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L'or
Avant
propos
L'or a de tout temps été un
matériau de choix dans les réalisations les plus
prestigieuses. Il a su trouver sa place dans l'art dentaire comme dans
bien d'autres domaines. Maintenant, avec
l'avènement des prothèses sur implants
notamment, il est devenu un maître choix presque
incontournable. |
Définition
Métal précieux
d'un jaune brillant; élément (Au) de
numéro atomique 79, de masse atomique 196,96. De
densité élevée 19,32 à
20°C, c'est un excellent conducteur
d'électricité et de chaleur. Il fond
à 1064,4°C et bout à 2807°C.
L'or est le plus malléable et
le plus ductile de tous les métaux; 1Gr peut être
étiré en un fil ayant 2Km de long ou, encore,
transformé en une feuille ultra-mince ayant une
épaisseur de 10-7m. et une surface d'environ
1,5m2. Il est mou, d’où la
nécessité de l’associer à
d’autres éléments
métalliques. Ces alliages ainsi formés
ont alors des qualités exceptionnelles, utiles dans de
nombreuses applications.
L’or ne s’oxyde ni
à l’air, ni dans l’eau et ce,
à toute température. De même,
il n’est pas attaqué par l’action
d’un acide fort, même très
concentré et chaud. Inaltérable, il se
dissout seulement dans le mercure et l’eau régale.
On le puise dans des filons de roches
aurifères ou dans des alluvions aurifères en
rivière ou en carrière.
Différents processus minéralurgiques sont
nécessaires pour récupérer
l’or de la « soupe » brute (broyage,
concassage, amalgamation, distillation, cyanuration,
affinage…). Haut
du document |
Histoire
L’histoire de l’or
est intimement liée à celle de
l’humanité.
Vénéré et convoité par
tous, il déclencha les passions les plus folles.
L’or se distingua
d’abord par son éclat vif et sa couleur
naturelle. Ces deux particularités
l’assimilaient au soleil, Astre-Dieu par excellence
(Râ). La découverte de son
inaltérabilité, sa rareté et ses
propriétés étonnantes ne firent
qu’amplifier l’imaginaire des hommes.
Le grand dessein de
l’alchimie, par exemple, était d’obtenir
la transmutation de métaux « vils »
(tels que le cuivre) en métaux « nobles
» (tels que l’or). Sans nul doute, cela
aurait ouvert la voie aux richesses et au pouvoir à ceux qui
dompteraient la matière.
L’épopée
de l’or a véritablement
débuté avec les premières
expéditions de Christophe Colomb.
C’était évidemment la promesse des
richesses qui motivaient ces conquérants.
Toutefois, il faudra attendre l’arrivée des
Conquistadors pour obtenir les résultats
escomptés. Ils seront les tristes acteurs de
massacres et de vols pour dérober l’or le plus
facilement accessible (parures, bijoux, offrandes…).
L’augmentation de la
production de l’or et l’évolution de la
pensée humaine le démythifia peu à
peu, passant de l’état de « Dieu
» au symbole plus modeste de la
divinité. L’or devint alors une
matière d’échange et de commerce
très prisée, devenant le signe de pouvoir et de
puissance, n’ayant plus rien à voir avec le divin.
L’utilisation de
l’or en tant que monnaie a modifié la vision des
hommes en une redoutable cupidité.
la
ruée vers l’Or
La Californie fut vendue moins de quinze
millions de dollars par le Mexique aux Etats-Unis, elle se
dévoila en un gisement exceptionnel. «Le
Californian », journal local, annonce, le 15 mars 1848, la
découverte d’or dans la rivière
Sacramento. La ruée qui s’en suivit
bénéficia des moyens de communications
modernes. La fièvre se répandit dans le
monde entier. Plus de 4 millions de pionniers
arrivèrent d’Europe (quarante neuvards «
Fourty Niners »). Plus de 700 tonnes d’or
furent extraites en une dizaine d’années
seulement, au prix de nombreuses vies humaines. La
découverte de ces mines en entraîna
d’autres, jusqu’au nord du Canada et en
Alaska. Moins désordonnée,
l’Australie eut, elle aussi, sa ruée vers
l’or. Haut
du document
Quelques
chiffres
Depuis sa découverte, on
aurait extrait plus de 125.000 tonnes d’or de notre sol.
La production mondiale oscille
actuellement entre 1.500 et 2.000 tonnes par an, assurée
pour 30% par l’Afrique du Sud qui est le plus gros
producteur, bien avant les Etats-Unis, l’Australie et
l’Union Soviétique.
Principaux pays consommateurs :
l’Inde, Etats-Unis, Japon, Chine, Arabie Saoudite, Italie.
La plus grande partie de l’or
mondial est thésaurisée par les banques (cf.
valeur marchande), le reste fait l’objet
d’utilisations en bijouterie-orfèvrerie,
dentisterie et industrie.
Le marché se
répartit comme suit : 80% pour la bijouterie / 10% pour la
monnaie (pièces et lingots) / 10% pour les usages
industriels et autres.
La plus grosse pépite d'or
jamais trouvée à ce jour a
été découverte en 1872 en Australie.
La légendaire "Plaque
de Holtermann" pesait 235 kg et mesurait 1,42 m de haut.
Or, valeur
marchande :
Le 20 juin 1980, le cours de
l’once atteignait un sommet absolu : 850 dollars
l’once Troy (31,1035 grammes d’or pur). Depuis, le
mouvement s’est inversé à la
baisse et en automne 1997, il chutait sous les 300 dollars.
Maintenant, l'or n’est plus
considéré comme valeur refuge. La valeur du
dollar (et des autres monnaies) n’est plus liée au
métal jaune. Depuis vingt ans, les prix à la
consommation ont presque doublé, alors que le prix
de l’or fléchissait de façon continue.
Plusieurs raisons peuvent expliquer le
phénomène; la production augmente, il
est indestructible et recyclable à volonté, les
banques s’en débarrassent. Au
début 89, par exemple, le stock de la Banque nationale de
Belgique était de 1185 tonnes, il est tombé
aujourd’hui à 300 tonnes.
Récemment encore, alors
même que l’or n’était plus
utilisé comme gage de la monnaie, les banques centrales
conservaient encore un stock d’or et de devises
étrangères qui servaient à
couvrir les déficits de la balance commerciale. Mais
l’instauration de l’Euro rend cette
précaution inutile.
De plus en plus d’or se trouve
ainsi sur le marché de l’offre, la demande restant
figée.
Malgré tout, les derniers déboires du monde de la
finance et des banques nous prouvent que certaines valeurs, comme
l’or, restent des éléments
clés dans l’économie mondiales.
Après le pic des années 80, le cours de
l’once d’or ne cesse de grimper depuis 2000.
Où s’arrêtera-t-il ?
Haut
du document Prothèse
en or
Jusqu’au XVIII°
siècle, les prothèses dentaires se composaient de
dents humaines (celles extraites du patient ou de cadavres et
retaillées) reliées par des ligatures de fils
d’or. Plus tôt encore, certaines
étaient sculptées dans divers
matériaux organiques tels que os ou dents de chevaux,
bœufs, hippopotames…ou encore dans du bois
blanc. Fort heureusement, nous n’en sommes pas
restés là grâce à certains
apothicaires qui ont su ouvrir la voie vers de nouvelles orientations.
Inlays et
incrustations en or coulé
L’application de blocs
d’or cimentés dans une cavité
naît en 1884 grâce au dentiste Aguilhon de Sarran,
qui présente sa technique à la
Société de Stomatologie de Paris en 1903.
Après avoir pris une empreinte à la cire, mis
cette cire dans un revêtement de plâtre et de talc,
puis l’avoir éliminée à
l’eau chaude, il fait fondre l’or à 22
carats au chalumeau et le coule dans le moule ainsi obtenu.
C’est O. Sölbrig qui,
quelques années plus tard lancera réellement la
technique.
Toujours
d’actualité, l’inlay en or reste
l’obturation la plus efficace pour le long terme.
Couronnes et
bridge en or
La technique de la couronne à
bague a contribué grandement à
l’avènement de l’or en
dentisterie. De nombreux patients conservent encore
aujourd’hui ce type de restauration pourtant
réalisée de manière sommaire mais
combien efficace.
Maintenant, avec les techniques modernes
de mise en œuvre, l’utilisation
d’alliages à base d’or en art dentaire
ne présente plus aucune faiblesse. Pour des raisons
esthétiques, on masque les parties métalliques
visibles en utilisant des matériaux cosmétiques
tels que des céramiques dont l’aspect permet
d’imiter parfaitement les dents naturelles.
Longévité
La durée de vie, dans le
milieu buccal, d’un alliage à base d’or
est d’environ 20 ans en moyenne, ce qui est nettement plus
long que d’autres matériaux dentaires. Si
l’on pense que durant ce laps de temps, certains
matériaux devraient être remplacés
plusieurs fois, on se rend compte qu’un investissement un peu
plus important est rapidement rentabilisé. En
terme de bio compatibilité, le choix d’un alliage
précieux s’avère aussi être
un investissement judicieux pour la santé et le confort des
patients.
La crise économique, que
l’on subit depuis les années 80, nous a fait
oublier tout le respect que l’on doit à ce
matériau noble qui a traversé les âges
dignement. Les alliages dit «économiques
» ont envahi le marché. Actuellement
plus de 1000 alliages de toutes sortes sont disponibles sur le
marché dentaire. Il est clair que tous
n’offrent pas les garanties que nous sommes en droit
d’exiger. Haut
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